jeudi 7 juillet 2016

Noms des grands nombres

Les noms des grands nombres (supérieurs au trillion) sont des systèmes de dérivation lexicale qui permettent de nommer des nombres au-delà de ce que supporte le langage courant.
Quelques grands nombres ont réellement un sens pour l'homme, et sont d'un usage relativement courant jusqu'au trillion. Au-delà, les noms de grands nombres n'ont plus guère qu'une existence artificielle. De nombreux systèmes ont été proposés pour nommer de très grands nombres, mais aucun ne semble avoir eu d'utilité pratique. Ils ne sont pratiquement jamais utilisés dans un contexte de communication normale, et il n'y a guère d'occurrence de ces mots dans le langage courant (au-delà de la verve enthousiaste de Jules Verne).
Même si les mathématiciens préfèrent utiliser la notation scientifique et parler par exemple de « dix puissance cinquante et un » car cela est sans ambigüité, il existe des noms réguliers que l'on peut donner aux grands nombres. Les grands nombres sont généralement nommés selon deux systèmes : les échelles longue et courte (l'échelle longue étant de loin la plus utilisée, et d'ailleurs la seule à avoir valeur légale en France) : on aura ainsi : billion, trillion, quadrillion, quintillion, ....
Quelques noms ont également été inventés pour des nombres plus grands, par exemple :
  • 10 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000, nommé gogol = 10100.
  • Le nombre correspondant à un 1 suivi d'un gogol de zéros, soit 1010100, nommé gogolplex.
  • En anglais, on donne le nom humoristique de zillion à tout très grand nombre, sans préjuger de l'ordre de grandeur concerné.
  • Usage courant des grands nombres
  • : Échelles longue et courte.
    Billet d'un milliard de b.-pengő de 1946, imprimé mais jamais diffusé.
    Billet de banque de cent billions de dollar du Zimbabwe (100×1012) imprimés en 2009. Noter que la mention « one hundred trillion dollars » correspond à l'usage de l'échelle courte.
    Mille fois mille fait un million ; et mille fois un million fait un milliard (en échelle longue) - mais on peut aussi bien dire mille millions. Le terme « milliard » (Milliarde en allemand, millardo en espagnol, milyar en turc, миллиард en russe, میليار  milyar en arabe...) est courant dans l'usage international, particulièrement dans les discussions du monde de la finance, et ne prête pas à confusion. Les anglophones (et plus particulièrement les américains) n'utilisant cependant pas le milliard, mille fois un million fait déjà pour eux un « billion » (et c'est le début de l'échelle courte). Dans un cas comme dans l'autre, le « billion » marque l'entrée dans le territoire des grands nombres artificiels, où l'usage devient hésitant.
    L'usage courant ne dépasse guère le milliard : la population mondiale est prévue à 7,3 milliards en 2015 selon les Nations unies ; le PIB mondial est estimé entre 72 et 75 mille milliards de dollars en 2013. Dans le registre courant (dans la presse, par exemple), l'habitude est plutôt d'utiliser des combinaisons, par exemple un milliard de milliards à la place d'un trillion.
    Les termes supérieurs de billion ou trillion peuvent cependant se rencontrer, mais dans des contextes exceptionnels. L'exemple le plus évident est celui de l'hyperinflation, où la valeur faciale nécessaire aux échanges commerciaux courants peut dépasser le million. La valeur faciale la plus grande à avoir été imprimée a théoriquement été le billet de 1021 (un trilliard) de pengő, mais elle l'a été sous forme de un milliard (109) de b.-pengő (billion de pengő, soit 1012), le b.-pengő étant donc considéré comme une unité monétaire en soi. En 2009, en revanche, le Zimbabwe a imprimé un billet de 100 billions (1014) de dollar du Zimbabwe[1], qui au moment de leur impression ne valait que 30 US$[2].
    Quand c'est une quantité physique qui doit être désignée, ce sont les préfixes du système international qui sont préférentiellement utilisés. Il est plus facile de comprendre « une femtoseconde » que « un billiardième de seconde ». Ces préfixes peuvent également s'appliquer aux unités monétaires[3]. On peut ainsi exprimer des achats importants en k€ (kiloeuros, ou milliers d'euros), les budgets d'une grande ville en M€ (mégaeuros, pour millions d'euros) ou G€ (gigaeuros, à préférer à l'abréviation Md€ qui n'a pas d'existence officielle). Le PIB mondial est ainsi de l'ordre de 80 T$ (téradollars, 1012), et la dette publique de la France est de l'ordre de 2 T€ en 2013.
    Dans l'usage scientifique, les grands nombres sont exprimés avec la notation scientifique. Avec cette notation, qui existe depuis les années 1800, les grands nombres sont exprimés par un dix et un nombre en exposant. On dira par exemple : « L'émission en rayons X de cette radio-galaxie est de 1,3×1045 erg (unité du système CGS encore utilisé en astronomie et en chimie)». Le nombre 1045 se lit simplement « dix puissance quarante-cinq » : c'est facile à lire, facile à comprendre, et beaucoup plus parlant que un septilliard (en échelle longue, ou « quattuordécillion » en échelle courte), qui présente de plus l'inconvénient de signifier deux choses différentes, suivant que la convention utilisée est l'échelle longue ou courte.
    Même pour des mesures scientifiques extrêmes, il n'est pas nécessaire de disposer de très grands nombres. Ainsi, pour prendre un exemple extrême, si on mesure l'âge de l'univers (4,3×1017 s - de l'ordre d'un demi-trillion de secondes) en prenant comme unité le temps de Planck (5,4×10-44 s - de l'ordre d'un demi septilliardième de seconde) on ne trouve « que » 8×1060, soit huit décillions.
    Ce n'est donc pas pour leur utilité pratique que les grands nombres sont nommés, mais ils ont de tous temps fasciné ceux qui se sont penchés sur eux en essayant d'appréhender ce que « grand nombre » pouvait bien signifier.

    Famille des -llions

  • Système de Nicolas Chuquet

  • En 1475, le mathématicien français Jehan Adam décrit bymillion et trimillion dans ce qui semble être la description d'un boulier, leur donnant leur usage moderne (suivant l'échelle longue) de 1012 et 1018, dans son manuscrit en français médiéval Traicté en arismetique pour la practique par gectouers, à présent conservé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris[4],[5],[6].
    « ... item noctes que le premier greton dembas vault ung, le second vault  [sic] cent, le quart vult mille, le Ve vault dix M, le VIe vault cent M, le VIIe vault Milion, Le VIIIe vault dix Million, Le IXe vault cent Millions, Le Xe vault Mill Millions, Le XIe vault dix mill Millions, Le XIIe vault Cent mil Millions, Le XIIIe vault bymillion, Le XIIIIe vault dix bymillions, Le XVe vault  [sic] bymillions, Le XVIe vault mil bymillions, Le XVIIe vault dix Mil bymillions, Le XVIIIe vault cent mil bymillions, Le XIXe vault trimillion, Le XXe vault dix trimillions ... »

    Chuquet.gif
    Peu après, Nicolas Chuquet écrivit en 1484 un livre, Triparty en la science des nombres[7],[8],[9], où l'on trouve le premier exposé de l'usage moderne de grouper les grands nombres par paquets de six chiffres, qu'il séparait par des « virgules supérieures » (on remarquera que les noms employés par Chuquet ne sont pas tout à fait les noms modernes).
    « Ou qui veut le premier point peult signiffier million Le second point byllion Le tiers poit tryllion Le quart quadrillion Le cinqe quyllion Le sixe sixlion Le sept.e septyllion Le huyte ottyllion Le neufe nonyllion et ainsi des ault's se plus oultre on vouloit preceder. Item lon doit savoir que ung million vault mille milliers de unitez, et ung byllion vault mille milliers de millions, et [ung] tryllion vault mille milliers de byllions, et ung quadrillion vault mille milliers de tryllions et ainsi des aultres : Et de ce en est pose ung exemple nombre divise et punctoye ainsi que devant est dit, tout lequel nombre monte 745324 tryllions 804300 byllions 700023 millions 654321. Exemple : 7'453248'043000'700023'654321. »
    Cependant, l'ouvrage de Chuquet ne fut pas publié de son vivant. Une bonne partie en fut copiée par Estienne de La Roche dans un ouvrage qu'il publia en 1520, L'arismetique[7].
    C'est à Chuquet que l'on attribue l'invention du système, mais les premiers termes existaient donc avant lui :
    • Les mots bymillion et trimillion apparaissent en 1475 dans le manuscrit de Jehan Adam.
    • Le terme million existait avant Adam et Chuquet. C'est un mot d'origine probablement italienne, millione, forme intensifiée du mot mille : un million est étymologiquement un gros millier, rappelant les unités de second ordre d'Archimède.
    • La manière dont Adam et Chuquet présentent ces termes suggère qu'ils décrivent un usage préexistant, plutôt qu'une invention personnelle. Il est probable que des termes comme billion et trillion étaient déjà connus à cette époque, mais que Chuquet (expert dans l'art de manier les exposants) en a généralisé le système, inventant les noms correspondant aux puissances plus élevées.
    Cette description est celle qui correspond au système dit de l'échelle longue, où les préfixes correspondent aux puissances du million. Le bymillion de Adam (byllion pour Chuquet) correspond donc à 1012, et le trimillion / tryllion vaut 1018.
    Chuquet ne précisa que les dix premiers préfixes ; l'extension de son système aux nombres supérieurs a toujours provoqué des variantes dans les solutions retenues pour adapter les noms latins au suffixe -llion.

    Formation des noms en -llion et en -lliard

  • Le système de Nicolas Chuquet consiste à faire suivre les préfixes bi-, tri-, ... du suffixe -llion, pour former les noms d'unité successifs. Dans le système original, qui correspond à l'échelle longue, chaque unité vaut 106 fois l'unité précédente.
    Les termes correspondants souffrent souvent d'une orthographe mal stabilisée. Ainsi, on peut noter que le décret français introduit l'orthographe quatrillion au lieu du quadrillion traditionnel, sans que l'on puisse savoir si c'est un changement délibéré ou une simple erreur typographique[10].
    Les billiards, trilliards, ... d'utilisation moins fréquente, se forment régulièrement sur les préfixes précédents: de manière régulière, un X-illiard vaut mille X-illions.
    On a donc, de manière régulière :
    RangDésignationValeurDéductionDérivéValeur
    1mi-llion106= 1 000 0001mi-lliard109
    2bi-llion1012= 1 000 0002bi-lliard1015
    3tri-llion1018= 1 000 0003tri-lliard1021
    4quadri-llion1024= 1 000 0004quadri-lliard1027
    5quinti-llion1030= 1 000 0005quinti-lliard1033
    6sexti-llion1036= 1 000 0006sexti-lliard1039
    7septi-llion1042= 1 000 0007septi-lliard1045
    8octi-llion1048= 1 000 0008octi-lliard1051
    9noni-llion1054= 1 000 0009noni-lliard1057
    10deci-llion1060= 1 000 00010  deci-lliard1063
    Ces dix unités permettent de compter jusqu'à 1066, ce qui suffit largement aux usages physiques normaux. C'est le système dont la généralisation avait été recommandée en 1948 à l'occasion de la neuvième conférence générale des poids et mesures (sans effet, les préfixes du système international d'unités rendant inutile un arbitrage entre échelle longue et courte), et qui a été rendu légal en France par le décret 61-501 du 3 mai 1961. Ce système régulier est celui dit de l'échelle longue. Les pays anglo-saxons tendent à utiliser un système irrégulier, l'échelle courte, où un « billion » vaut un milliard (109) et un « trillion » vaut un billion (1012), les autres unités étant sans applications pratiques.



  • NormalisaAu-delà de dix, les noms sont régulièrement composés en utilisant comme préfixe le terme latin désignant le rang. La difficulté est alors de savoir compter en latin.
    Proposé par John Horton Conway et Allan Wechsler[11], ce système régularise et prolonge celui de Nicolas Chuquet. La première étape de son système consiste à normaliser l'écriture des préfixes latins, de 1 à 999 (dans le tableau qui suit, les tirets ne sont destinés qu'à faciliter la lecture, et ne font pas partie du nom de nombre).
    No Unité isoléeUnité préfixeDizaineCentaine
    1mi-un-(n)déci-(n)(x)centi-
    2bi-duo-(n)vinginti-(n)du-centi-
    3tri-tre(s)-(n)(s)tri-ginta-(n)(s)tre-centi-
    4quadri-quattuor-(n)(s)quadra-ginta-(n)(s)quadri-ngenti-
    5quinti-quinqua-(n)(s)quinqua-ginta-(n)(s)qui-ngenti-
    6sexti-se(x)(s)-(n)sexa-ginta-(n)ses-centi-
    7septi-septe(m)(n)-(n)septua-ginta-(n)septi-ngenti-
    8octi-octo-(m)(x)octo-ginta-(m)(x)octi-ngenti-
    9noni-nove(m)(n)-nona-ginta-no-ngenti-
    Les radicaux des unités peuvent prendre ou perdre des consonnes de liaisons, indiquées entre parenthèses dans le tableau :
    • tre devient tres devant les mots qui sont précédés d'un s entre parenthèses dans le tableau : ainsi, 303=trestrecenti.
    • se devient ses devant les mots précédés d'un s : ainsi, 306=sestrecenti.
    • se devient sex devant les mots qui sont précédés d'un x entre parenthèses dans le tableau : ainsi, 106=sexcenti, tandis que 600 = sescenti.
    • septe devient septem devant les mots précédés d'un m, et septen devant les mots précédés d'un n: ainsi, 107=septencenti et 87=septemoctoginta.
    • De même, nove devient novem devant les mots précédés d'un m, et noven devant les mots précédés d'un n: ainsi, 109=novencenti et 89=novemoctoginta.
    Contrairement à l'ordre français, les chiffres sont énoncés dans l'ordre unité, dizaine, centaine; et quand le chiffre est un zéro, le terme correspondant est simplement omis. Le chiffre unité est pris dans la colonne « unité préfixe » lorsqu'il est suivi de la dizaine ou de la centaine qu'il complète, et dans la colonne « unité isolée » sinon.
    Avec cette construction, un 421-llion s'appelle un un-vinginti-quadringenti-llion.

    Extension proposée par Conwaytion proposée par Conway et Wechsler

  • Autres systèmes de grands nombres

    Ce système est ouvert à l'infini, dans le sens qu'il n'y a pas dans ce système de « plus grand nombre nommable ».
    Ainsi, avec cette méthode, un 3_000_102-llion s'appelle un tri-lli-ni-lli-duo-centi-lli-on (103000102, soit 10104,771...).
    • Soit N le préfixe latin recherché pour écrire un N-illion.
    • Regrouper les chiffres de N par blocs de trois chiffres.
    • Utiliser le codage précédent pour chacun des blocs de trois chiffres, ou ni-lli si les trois chiffres sont nuls.
    • Intercaler lli entre chaque bloc ainsi obtenu.
    Dans la même publication, Conway propose de construire les radicaux latins pour les nombres supérieurs à mille de la manière suivante :

  • Système d'Archimède


  • Un des premiers exemples connus est le décompte que fit Archimède du nombre de grains de sable que pouvait contenir l'univers, dans l'Arénaire (Ψάμμιτης). Pour cela, il généralisa le système de numération grec, dont le terme le plus élevé s'appelait la myriade (104), ce qui permettait donc aux Grecs de compter jusqu'à 99 999 999 (soit 108-1, la myriade de myriades n'ayant pas de nom).
    Archimède appela ces nombres nommables en grec des « nombres de premier ordre » ; et appela la myriade de myriade, soit 108, l'unité de base des « nombres de deuxième ordre ». En prenant ce nombre comme nouvelle unité, Archimède était capable de nommer 99 999 999 nombres « de deuxième ordre », jusqu'à 108·108=1016. Ce nombre est à son tour pris comme l'unité des « nombres de troisième ordre », et ainsi de suite.
    Archimède continua sa construction logique pour tous les « ordres » qui pouvaient être nommés en grec, c’est-à-dire jusqu'au nombre d'ordre une myriade de myriade, soit , fin naturelle de cette série de désignation.
    Archimède prolongea cette construction en prenant à nouveau ce nombre comme unité de base, ce qui lui permit d'étendre le système de dénomination jusqu'à
    .
    À ce point, Archimède se servit de ce système de désignation pour estimer le nombre de grains de sable que pouvait contenir l'univers, parce que « innombrable comme les grains de sable » représentait pour les Grecs l'exemple archétypal de quelque chose qui ne pouvait pas être compté. Il trouva comme ordre de grandeur « mille myriades du huitième ordre » (soit 1063, ou 1 décilliard).

    Système Gillion

    Proposé par Russ Rowlett, basé sur les préfixes numériques grecs, et les puissances de mille :
    ValeurExpressionNom
    10310001Mille
    10610002Million
    10910003Milliard
    101210004Tetrillion
    101510005Pentillion
    101810006Hexillion
    102110007Heptillion
    102410008Oktillion
    102710009Ennillion
    1030100010Dekillion
    ValeurExpressionNom
    1033100011Hendekillion
    1036100012Dodekillion
    1039100013Trisdekillion
    1042100014Tetradekillion
    1045100015Pentadekillion
    1048100016Hexadekillion
    1051100017Heptadekillion
    1054100018Oktadekillion
    1057100019Enneadekillion
    1060100020Icosillion
    ValeurExpressionNom
    1063100021Icosihenillion
    1066100022Icosidillion
    1069100023Icositrillion
    1072100024Icositetrillion
    1075100025Icosipentillion
    1078100026Icosihexillion
    1081100027Icosiheptillion
    1084100028Icosioktillion
    1087100029Icosiennillion
    1090100030Triacontillion

    Système Myriade

  • Le système Gogol

    ValeurNomNotation
    100Un1
    101Dix10
    102Cent100
    103Mille1000
    104Myriade1,0000
    105Dix myriades10,0000
    106Cent myriades100,0000
    107Mille myriades1000,0000
    108Myllion1;0000,0000
    1012Myriade de myllions1,0000;0000,0000
    1016Byllion1:0000,0000;0000,0000
    1024Myllion de byllions1;0000,0000:0000,0000;0000,0000
    1032Tryllion1 0000,0000;0000,0000:0000,0000;0000,0000
    1064Quadryllion1'0000,0000;0000,0000:0000,0000;0000,0000 0000,0000;0000,0000:0000,0000;0000,0000
    10128Quintyllion1 suivi de 128 zéro = 0
    10256Sextyllion1 suivi de 256 zéro = 0
    10512Septyllion1 suivi de 512 zéro = 0
    101 024Octyllion1 suivi de 1 024 zéro = 0
    102 048Nonyllion1 suivi de 2 048 zéro = 0
    104 096Decyllion1 suivi de 4 096 zéro = 0
    108 192Undecyllion1 suivi de 8 192 zéro = 0
    1016 384Duodecyllion1 suivi de 16 386 zéro = 0
    1032 768Tredecyllion1 suivi de 32 768 zéro = 0
    1065 536Quattuordecyllion1 suivi de 65 536 zéro = 0
    10131 072Quindecyllion1 suivi de 131 072 zéro = 0
    10262 144Sexdecyllion1 suivi de 262 144 zéro = 0
    10524 288Septendecyllion1 suivi de 524 288 zéro = 0
    101 048 576Octodecyllion1 suivi de 1 048 576 zéro = 0
    102 097 152Novemdecyllion1 suivi de 2 097 152 zéro = 0
    104 194 304Vigintyllion1 suivi de 4 194 304 zéro = 0
    104 294 967 296Trigintyllion1 suivi de 4 294 967 296 zéro = 0
    Quadragintyllion

    Quinquagintyllion
    10 4*2 60Sexagintyllion
    Septuagintyllion
    Octogintyllion
    Nonagintyllion
    Centyllion
    Millillion
    Myrillion
    Toutefois les noms sont rarement utilisés car ils sont souvent homonymes et homophones d’autres nombres (y compris en anglais où ces noms ont été définis), et créent de nouvelles ambiguïtés avec les échelles courtes et longues.
    Au-delà des noms où l'on reconnaît la présence du « y » caractéristique, il utilise des séparateurs différents pour des groupes de 4, 8, 16, 32 ou 64 chiffres (respectivement la virgule, le point-virgule, et les deux points, l'espace et l'apostrophe ; le séparateur décimal reste le point dans cette notation). Ils sont formés sur des puissances de deux successives des puissances de dix mille (myriade). Ce système permet d'écrire et nommer des nombres énormes (le premier grand nombre qui ne peut être exprimé avec les dénominations classiques est l'octyllion, la mille-vingt-quatrième puissance de la myriade). Toutefois, le nom « myriade » reste le plus connu car il correspond à une dénomination historique.
    Proposé par Donald E. Knuth, ce système est une autre manière de généraliser les myriades grecques: au lieu que chaque « ordre de grandeur » corresponde à un regroupement de quatre chiffres, comme pour Archimède, Knuth considère que chaque ordre de grandeur peut avoir deux fois plus de chiffres que le précédent.

  • Le système Gogol

  • Les termes gogol et gogolplex furent inventés par Milton Sirotta, neveu du mathématicien Edward Kasner, qui les introduisit dans une publication de 1940, Mathematics and the Imagination,[12] où il décrit cette invention :
    « Le terme « gogol » a été inventé par un enfant, le neveu du Dr Kasner, alors âgé de huit ans. On lui avait demandé d'imaginer un nom pour un nombre très grand, par exemple un 1 suivi d'une centaine de zéros. Il était sûr que ce nombre n'était pas infini, et tout aussi certain qu'il n'avait pas de nom propre. Il suggéra le terme « gogol[13] », et dans la foulée en proposa un autre pour un nombre encore plus grand: le « gogolplex ». Un gogolplex est beaucoup plus grand qu'un gogol, mais reste fini, ce que l'inventeur du terme fit rapidement remarquer. Au départ, la définition proposée était un 1, suivi d'autant de zéro qu'on pourrait en écrire sans tomber de fatigue. C'est certainement ce qui risquerait d'arriver si quelqu'un essaye d'écrire un gogolplex, mais deux personnes différentes seraient fatiguées au bout d'un temps différent, et ça n'aurait pas de sens que Carnera soit un meilleur mathématicien que Einstein simplement parce qu'il a une meilleure endurance. Pour cette raison, le gogolplex est un nombre spécifique, mais avec tellement de zéros derrière son « un » que le nombre de zéros est lui-même d'un gogol. »
    Par la suite, Conway et Guy[11] ont suggéré comme extension qu'un N-plex corresponde par convention à 10N. Avec ce système, un gogol-plex vaut bien 10gogol, et un gogolplexplex vaut 10gogolplex.
    D'autres auteurs ont proposé les formes gogolduplex, gogoltriplex, etc., pour désigner respectivement 10gogolplex, 10gogolduplex, et ainsi de suite.
    ValeurNom
    10100Gogol
    Gogolplex
    10−NN-minex
    10N                                                                                                                                                                                  N-plex 

    Gogol (nombre)


    En mathématiques, le gogol (avec un article défini et tout en minuscules, parfois orthographié googol) est le nombre dont la représentation décimale s'écrit avec le chiffre 1 suivi de 100 zéros (10100)[

    Histoire

    Le mot gogol est cité pour la première fois en anglais, googol, par le mathématicien américain Edward Kasner dans son livre Mathematics and the Imagination paru en 1938. Kasner aurait demandé à son neveu Milton Sirotta, un enfant alors âgé de 9 ans, de baptiser le nombre qu'il venait de créer. Il lui aurait répondu simplement : « Googol ».


    MathématiquesLe gogol est approximativement égal à la factorielle de 70.
    Ses facteurs premiers sont seulement 2 et 5.
    Kasner l'a créé afin d'illustrer la différence entre un nombre grand et l'infini. En effet, bien que le gogol (10100) soit énorme, bien supérieur au nombre de particules dans l'Univers connu (environ 1080)[2], il est facile de l'écrire en base dix, par un 1 suivi de cent 0.
    Il faut au minimum 333 bits pour représenter ce nombre (2332 – 1, le plus grand nombre sur 332 bits, est approximativement égal à 0,87×10100, donc inférieur à 1 gogol).
    10gogol (un chiffre 1 suivi d'un gogol de zéros) est nommé le gogolplex.

    Le gogol dans la culture populaire


    Le gogol est explicitement revendiqué par Sergueï Brin et Larry Page, les fondateurs de Google, comme modèle du nom de leur société : « Google a choisi ce terme pour symboliser sa mission : organiser l'immense volume d'information disponible sur le Web[3]. » À sa création en 1996, la société a été baptisée BackRub par ses co-fondateurs. En 1997, ils ont renommé le moteur de recherche « Google »[4], déformation de « Googol », pour affirmer leur ambition de créer un moteur de recherche à très grande échelle[5].
    Ce nombre a été popularisé dans le monde entier grâce au jeu télévisé Who Wants to Be a Millionaire? (programme connu en France sous le nom de Qui veut gagner des millions ?). Il était l'objet, dans une émission mémorable, de l'ultime question qui a permis à Charles Ingram de décrocher le jackpot, en trichant avec la complicité de sa femme Diana présente dans le public
    Gogolplex
    Le gogolplex (googolplex en anglais) est un nombre défini comme le nombre 10 élevé à la puissance gogol. Il serait impossible, dans le système décimal, d'écrire ce nombre sur du papier car il contient plus de chiffres qu'il y a d'atomes dans l'univers visible[1]. L'inverse du gogolplex, nombre positif extrêmement petit, est appelé gogolminex[

    Notations

    Il peut être noté : ,,.
    Pour la deuxième notation, il faut préciser que signifie bien et non , ce dernier nombre étant égal à ; d'une part dans le cas de cela donnerait un nombre bien plus petit, d'autre part cela rendrait la notation sans intérêt.

    Utilité

    Ce nombre est un bon exemple qui montre comme on peut atteindre des grands nombres quand on a recours aux puissances itérées. D'ailleurs le nombre , ou suivant la notation des puissances itérées de Knuth, est bien plus grand encore.

    Ce nombre n'est qu'une curiosité ayant reçu un nom. Il n'est pas un nombre remarquable pour ses propriétés mathématiques, ni un nombre ayant une signification dans une branche de la science. D'ailleurs, dans ces domaines, il existe des nombres remarquables encore plus grands.

    Dans les démonstrations mathématiques, on peut citer le nombre de Graham, et la borne supérieure du deuxième nombre de Skewes, très supérieurs.

    En physique, la théorie d'Everett a amené à envisager l'existence d'un nombre formidablement grand également d'univers parallèles. Une étude a amené à avancer un nombre maximum d'univers de , autrement dit [3].

    Ce nombre a donné son nom :

  • Système chinois
  • Les chinois présentent la particularité de compter régulièrement par myriades (dix mille = , dernière unité régulière). Dans cette langue, les tranches supérieures s'établissent de quatre en quatre chiffres, au lieu de trois en trois (échelle courte) ou six en six (échelle longue).
    Les caractères chinois pour les puissances de 10 000 au-delà de 100 millions (亿 ; yì) sont très rarement utilisés : pour 1016, on préfère utiliser 亿亿 (yì yì) ou « cent millions de fois cent millions » plutôt que 京 (jīng) qui signifie « capitale » pour le chinois moyen. À noter que 1 se dit yī et 100 millions se dit yì.
    Il existe aussi un système de numération folklorique pour les très grands nombres ; par exemple, 不可説不可説不可説 (« indicible-indicible-indicible ») représente 1054925173615192502615548162549221958154.
    Les différents signes marquant les « puissances de myriades » ont cependant été d'un usage très flottant dans la série , , , , , , , , , , ,  :
    Puissances de 104
    NormaleFinancièrePinyinValeurNotes
    /wàn104
    亿 / 108Signifie également 105 en chinois médiéval.
    zhào1012Signifie également 106 ou 1016 en chinois médiéval.
    Signifie aussi méga.
    (ou /)jīng1016Signifie également 107, 1024 ou 1032 en chinois médiéval.
    gāi1020Signifie également 108, 1032 ou 1064 en chinois médiéval.
    1024Signifie également 109, 1040 ou 10128 en chinois médiéval.
    ráng1028Signifie également 1010, 1048 ou 10256 en chinois médiéval.
    gōu1032Signifie également 1011, 1056 ou 10512 en chinois médiéval.
    jiàn1036Signifie également 1012, 1064 ou 101024 en chinois médiéval.
    zhèng1040Signifie également 1013, 1072 ou 102048 en chinois médiéval.
    / zài1044Signifie également 1014, 1080 ou 104096 en chinois médiéval.
    1048Signifie également 1015, 1088 ou 108192 en chinois médiéval.
    • Pour la série minimaliste, chaque caractère a dénoté la valeur du précédent multiplié par dix.







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